Gilles Robin Bio certifié

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Au cœur de Crozes-Hermitage, Gilles Robin poursuit une histoire familiale commencée il y a plus d’un siècle. La Syrah reste le fil conducteur du domaine, déclinée à travers des terroirs très différents avec une recherche constante de fruit, de profondeur et d’équilibre.

Situation, historique

L’histoire familiale commence en 1920, lorsque Louis Pasquion, l’arrière-grand-père de Gilles, acquiert une première parcelle de 1,27 hectare. Quelques années plus tard, son grand-père Albéric Bouvet poursuit le développement du vignoble et commence déjà à isoler les meilleurs raisins pour les vinifier séparément.

Après des études d’œnologie à Montpellier, Gilles part travailler plusieurs années en Savoie comme œnologue-conseil. Il revient au domaine familial en 1996, à 24 ans. Le vignoble compte alors une dizaine d’hectares. Il le développe progressivement, d’abord autour de Crozes-Hermitage, puis vers Saint-Joseph, Saint-Péray, Cornas et Hermitage. Aujourd’hui, le domaine approche les trente hectares.

Cette histoire se poursuit désormais avec une nouvelle génération : ses filles Léonie et Lucie travaillent aujourd’hui à ses côtés. Lors de notre visite en 2026, cette dimension familiale était particulièrement présente, jusque dans le nom et l’histoire de plusieurs cuvées.

Terroir et climat

Crozes-Hermitage couvre une grande diversité de sols, et c’est précisément cette diversité que Gilles Robin cherche à faire apparaître dans ses vins.

Autour des Châssis, les Syrahs poussent notamment sur des terrasses de galets roulés mêlés d’argiles rouges, parfois riches en oxyde de fer. D’autres parcelles se trouvent sur des secteurs plus argileux, tandis que les nouvelles implantations en altitude ou sur granite apportent encore d’autres expressions.

Le domaine s’est d’ailleurs progressivement étendu au-delà de Crozes-Hermitage vers Saint-Joseph, Cornas et Saint-Péray, permettant à Gilles d’explorer différentes expressions de la Syrah, mais aussi de la Marsanne et de la Roussanne. 

Les derniers millésimes montrent également combien le climat devient un élément central du travail. Chaleur, sécheresse, petites baies ou maturités plus rapides obligent à observer chaque parcelle différemment. Lors de notre visite en 2026, Léonie nous expliquait combien les décisions de vendange et la gestion de l’eau nécessitent désormais une attention particulière.

Bei unserem Besuch 2026 erklärte uns Léonie, wie entscheidend heute sowohl der richtige Lesezeitpunkt als auch der Umgang mit der Wasserversorgung der Reben geworden sind.

Travail à la vigne

Le domaine est certifié en agriculture biologique depuis de nombreuses années.

Le travail des sols, les apports organiques et l’observation de chaque parcelle occupent une place importante dans la conduite du vignoble. Le domaine utilise notamment composts et matières organiques et limite la protection phytosanitaire au cuivre, au soufre et à différentes préparations d’origine végétale.

Mais ce qui nous a surtout frappés lors de notre visite est la volonté de ne pas appliquer une recette identique partout. Vieilles vignes, jeunes plantations, altitude, capacité des sols à conserver l’eau ou exposition sont considérées séparément.

Cette approche parcellaire constitue l’un des fondements du travail de Gilles Robin.

La cave

La vinification prolonge naturellement cette lecture des terroirs.

Les différentes parcelles sont vinifiées et élevées séparément, puis dégustées avant les assemblages. Cette étape est essentielle chez Gilles Robin : il ne cherche pas uniquement à isoler des parcelles, mais à utiliser leurs différentes expressions pour construire l’équilibre final de chaque cuvée.

Les élevages varient fortement selon les vins. Papillon, par exemple, conserve son fruit grâce à un élevage en cuve inox, tandis qu’Albéric bénéficie d’un élevage plus long en fûts. Les blancs sont également travaillés différemment selon les cépages et les terroirs.

L’objectif reste cependant le même : préserver le caractère du fruit et du terroir sans laisser l’élevage prendre le dessus.

Coup de coeur

Notre histoire avec Gilles Robin est ancienne : nous travaillons avec lui depuis 1997, année de la création de Carton Rouge et seulement son deuxième millésime. Nous avons ainsi eu la chance de suivre l’évolution du domaine presque depuis ses débuts.

Ce qui nous plaît chez Gilles Robin est sa capacité à proposer plusieurs lectures très différentes de la vallée du Rhône sans perdre le fil conducteur du domaine.

Papillon montre une Syrah gourmande, spontanée et immédiatement accessible. Albéric va chercher davantage de profondeur et de structure. Les blancs apportent encore une autre facette du domaine.

Notre dernière visite nous a également permis de découvrir une exploitation en pleine transmission. Gilles est toujours très présent, tandis que Léonie et Lucie prennent progressivement leur place.

Derrière une gamme devenue importante, le domaine conserve ainsi quelque chose de profondément familial : des cuvées qui portent des prénoms, des histoires et des parcelles, et une volonté de continuer à faire évoluer le vignoble sans perdre ce qui en constitue l’identité.

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