Guillaume Gilles Bio certifié
Voir les produitsÀ Cornas, Guillaume Gilles poursuit une vision exigeante et profondément artisanale du métier de vigneron. Formé auprès de Robert Michel puis de Jean-Louis Chave, il signe des vins sans artifice, où la puissance de la Syrah laisse toujours une place à la finesse et à la fraîcheur.
Situation, historique
Guillaume Gilles produit son premier millésime en 2002, à partir d’un demi-hectare de vignes familiales. Mais son parcours est surtout marqué par deux rencontres déterminantes.
Il fait ses premières armes auprès de Robert Michel, figure historique de Cornas, dont il devient l’apprenti. Il rejoint ensuite Jean-Louis Chave à Mauves et y poursuit sa formation pendant plusieurs années. De ces deux expériences, Guillaume retient notamment ce qu’il appelle « le souci du détail » : mettre tout en œuvre, à la vigne comme à la cave, pour aller aussi loin que possible dans la qualité du vin.
Lorsque Robert Michel prend sa retraite, il lui confie en fermage une partie de ses vignes de Chaillot, qu’il travaillait depuis plusieurs décennies. Guillaume peut alors véritablement développer son domaine tout en poursuivant le travail de celui qui lui a appris le métier.
Nous suivons Guillaume depuis ses débuts ou presque. C’est d'ailleurs Thierry Allemand qui nous avait conseillé, il y a près de vingt ans, d'aller rencontrer ce jeune vigneron qui commençait alors à faire parler de lui.
Terroir et climat
À Cornas, le cœur du domaine se trouve sur Chaillot, l'un des coteaux historiques de l'appellation. Les pentes y sont fortes et la géologie plus complexe qu'une simple lecture « tout granite » de Cornas : Guillaume y observe lui-même différentes expressions liées au granite, mais aussi à la présence d'argiles, de calcaire ou de grès selon les secteurs.
Plus haut, Les Rieux racontent une tout autre histoire. Situées autour de 400 mètres d'altitude, ces terres étaient autrefois considérées comme trop hautes et trop fraîches pour la vigne. Guillaume y a progressivement planté de la Syrah à partir des années 2010.
Avec le réchauffement du climat, cette situation prend aujourd'hui une autre dimension. Les maturités y restent plus lentes et les vendanges peuvent intervenir sensiblement plus tard qu'à Chaillot. Nous y retrouvons régulièrement une expression différente de Cornas : davantage florale, poivrée et élancée, avec une fraîcheur particulièrement intéressante.
Le domaine travaille également d'autres terroirs autour de Cornas et de Saint-Péray, ainsi qu'une étonnante parcelle de vieux Gamay plantée en altitude sur granite.
Travail à la vigne
Guillaume accorde une place centrale au travail des sols. Après avoir progressivement abandonné les herbicides à partir de la fin des années 2000, il a fait évoluer ses pratiques vers un travail mécanique et manuel particulièrement attentif. Le domaine est aujourd'hui certifié en agriculture biologique.
Mais Guillaume ne raisonne pas ses pratiques comme une recette immuable. Les millésimes de plus en plus chauds et secs l'obligent à observer différemment chaque parcelle : profondeur d'enracinement, altitude, exposition, capacité du sol à conserver l'eau ou comportement des jeunes vignes.
Les Rieux en sont un exemple particulièrement intéressant. Lors de notre visite en 2026, Guillaume nous expliquait combien ces vignes d'altitude avaient bien résisté aux dernières années sèches, alors même que certaines plantations plus basses avaient davantage souffert.
Pour lui, le travail du vigneron reste avant tout une recherche d'équilibre, adaptée au lieu et au millésime.
La cave
La vinification reste profondément traditionnelle.
Les Syrahs sont vinifiées en vendange entière, avec leurs levures indigènes. Les macérations sont longues, généralement de trois semaines à un mois, avec un travail mesuré des cuves.
L'élevage prolonge cette recherche de simplicité. Guillaume laisse généralement ses vins tranquilles pendant de longs mois, avec très peu de soutirages. Les élevages se font dans des contenants de bois déjà utilisés, sans recherche d'un goût de bois.
Cette approche doit beaucoup à Robert Michel et à Jean-Louis Chave, mais Guillaume en a développé sa propre lecture. La vendange entière, notamment, ne constitue pas pour lui une signature aromatique recherchée : elle participe à la structure du vin, à son équilibre et à sa capacité à évoluer.
Le résultat est une interprétation très personnelle de Cornas : des Syrahs profondes et structurées, mais rarement démonstratives, capables de conserver de la fraîcheur même dans des millésimes solaires.
Coup de coeur
Nous connaissons Guillaume depuis près de vingt ans et avons eu la chance de suivre l'évolution de son domaine presque depuis ses débuts.
Ce qui nous plaît chez lui n'a finalement pas beaucoup changé : une exigence considérable, peu de discours inutile et une connaissance intime de ses vignes. Guillaume observe, expérimente, remet parfois ses certitudes en question, mais conserve une idée très claire du vin qu'il veut produire.
Ses Cornas possèdent évidemment la profondeur et la structure que nous recherchons dans cette appellation. Mais ce sont surtout leur énergie, leur fraîcheur et leur finesse qui nous ont convaincus.
Les Rieux en donnent aujourd'hui une illustration particulièrement intéressante. Cette parcelle d'altitude, autrefois jugée presque trop fraîche pour Cornas, produit désormais des vins d'une remarquable tension. Elle raconte aussi quelque chose de Guillaume : sa capacité à rester fidèle à l'identité de Cornas tout en observant attentivement la manière dont son vignoble évolue.